L’essor du féminisme en ligne et des influenceurs engagés.

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Le 8 mars, c’est la journée internationale des droits des femmes. Cette journée met en avant la lutte pour les droits des femmes et notamment pour la réduction des inégalités par rapport aux hommes. Les réseaux sociaux, notamment Instagram et Twitter, sont des porte-voix des luttes féministes et font des créateurs de contenu des influenceurs qui libèrent la parole et incitent aux débats.

L’essor du féminisme en ligne

Le succès des hashtags #bodypositive ou #feminismforall, dont la portée est mondiale, témoigne de l’intérêt porté aux mobilisations féministes sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux. Ces hashtags attisent et ravivent les discussions autour des rapports entre les genres dans la société. Le hashtag #feminism rassemble plus de 11 millions de posts sur Instagram.

Les réseaux sociaux, nouveau théâtre des revendications et des débats

La démocratisation et l’accessibilité d’internet ont conduit à l’émergence du web participatif, qui est perçu comme un terreau fertile pour susciter les débats, les remises en question et porter l’émancipation des femmes et leurs combats pour l’égalité.  L’augmentation de l’usage des réseaux sociaux s’accompagne d’une hausse de l’intérêt pour les questions féministes et a donné davantage de voix aux idées féministes.

Essentiellement présent sur Instagram et Twitter, le militantisme a pris une nouvelle forme avec une influence non négligeable. La dénonciation du sexisme, et des inégalités dans les interactions quotidiennes entre les hommes et les femmes est alors un des nouveaux fers de lance du féminisme.

Le dernier phénomène est le mouvement #BalanceTonBar, lancé en octobre 2021 à Bruxelles et qui a provoqué un véritable tremblement de terre pour le monde de la nuit. Suite à l’agression de plusieurs femmes par un serveur d’un établissement bruxellois, un compte Instagram est lancé pour recueillir les témoignages et dénoncer la responsabilité des bars : @BalanceTonBar. Rapidement, des dizaines de témoignages similaires se succèdent et concernent plusieurs établissements. Le fait divers devient alors un phénomène de société : les publications d’Instagram sont repostées et les médias traditionnels (presse, télévision) reprennent l’information.

 
 
 
 
 
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Les inégalité entre les hommes et les femmes est mis en exergue au travers du concept de charge mentale. Le compte @taspensea du collectif TPA reprend des témoignages de femmes pour que les hommes, et la société toute entière, ouvrent les yeux sur le fait que le fonctionnement du foyer pèse plus lourd sur les femmes que sur leur conjoint, ce qui est générateur de stress. Ce groupe rassemble 170K abonnés et déjà 555 posts de témoignages. Le concept de charge mentale est entré dans le Larousse en 2019.

 
 
 
 
 
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Les grands thèmes abordés sur les réseaux sociaux :

Dans le cadre de la lutte féministe, de nombreux thèmes sont repris sur les réseaux sociaux. Parmi les plus populaires, on retrouve :

  • La sexualité
  • L’égalité des genres
  • La charge mentale
  • Le body positivisme ou l’acceptation de soi
  •  

Voici des exemples de comptes :

@feminist

Ce compte rassemble plus de 6 millions de followers et a vu le jour pour inciter au changement et donner la parole sur des sujets tels que l’égalité des genres, le racisme, la sexualité.

 
 
 
 
 
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@jameelajamil – 3,5M d’abonnés

L’actrice Jameela Jamil milite ainsi, en interview et sur les réseaux sociaux, pour plus de représentation, d’inclusivité et de body positivisme. Elle a crée le compte Instagram @I-weigh qui regroupe une communauté et qui invite des anonymes et quelques célébrités à parler de ce qui compte pour eux, en opposition avec le body shaming et le culte de la minceur.

 
 
 
 
 
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@coucoulesgirls – 639K abonnés.

Au travers de son compte Instagram et de sa chaîne Youtube, avec humour et franc parler, Juliette Katz alias @coucoulesgirls prône l’acceptation de soi et l’empowerment. Désormais maman, elle n’hésite pas à partager son expérience, ses doutes et ses peurs et libère la parole autour des sujets comme le post-partum.

 
 
 
 
 
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@MyBetterSelf – 513K abonnés.

Sur YouTube, Instagram, et sur son Podcast, Louise a réussi à construire un espace d’échanges riche et bienveillant et à rallier une communauté autour du concept #onveutduvrai qui prône le body positivisme, l’acceptation de soi et pousse les femmes à faire tomber les barrières qui les bloquent et à mettre un terme aux diktats exercés sur les femmes et leurs corps. Le hashtags #onveutduvrai rassemble plus de 66K posts.

 
 
 
 
 
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Les femmes ne sont pas les seules actrices de ce mouvement

Les hommes s’engagent également en faveur de la lutte féministe et de l’égalité entre les sexes. Les comptes Instagram deviennent alors des espaces d’échange autour des problématiques telles que la pression sociale à être masculin et viril, la violence faite aux femmes mais aussi aux hommes, le consentement etc…

@lesgarconsparlent – 12K abonnés

Ce compte Instagram libère la parole et offre un espace où les hommes peuvent témoigner et s’exprimer sur leurs peurs, leurs faiblesses, sur les violences dont ils ont été victimes.

 
 
 
 
 
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@guillaumefroun – 39,5K abonnés

En 2018, Guillaume a créé le compte instagram @Tubandes, 141K abonnés, qui aborde les préjugés sur la masculinité et laisse la parole, de façon anonyme, aux hommes, afin de s’émanciper des injections et oser parler de ses émotions, un sujet encore fort tabou chez beaucoup d’hommes. Aux travers de témoignages, Guillaume a amené à réfléchir sur les rapports à la masculinité et le comportements des hommes envers les femmes notamment pour lutter contre les violences.

Il a poursuivi son projet sur un nouveau compte @guillaumefroun, toujours dans l’optique de créer un espace de parole ouvert dans lequel il traite du concept de « masculinité toxique » et de la pression sociale ressentie par les hommes.

 
 
 
 
 
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L’importance du dessin sur Instagram comme médium de la lutte féministe 

Impossible d’aborder le féminisme sur les réseaux sociaux sans parler des dessins ou BD, en particulier sur Instagram. De nombreux comptes illustrent la vie quotidienne des créatrices auxquelles beaucoup de femmes peuvent s’identifier. D’autres comptes utilisent le dessin pour faire passer des messages engagés.

L’exemple le plus frappant est celui d’Emma Clit (@emmaclit – 78K abonnés). Emma est une dessinatrice qui a grandement contribué à populariser le concept de charge mentale en France. Ses dessins se sont propagés sur les toiles et les réseaux à vitesse grand V. D’abord diffusés sur les réseaux, ses dessins prennent vie en format papier et en 2017, elle publie une BD Un autre regard, qui illustre le quotidien de millions de femmes et de mamans qui, en plus de s’occuper des tâches ménagères, doivent coordonner toute la gestion de la maison. Emma explique alors avec justesse et en dessins le concept de « charge mentale » afin d’éveiller les consciences.

Le potentiel des collaborations pour les institutions et les marques

Le féminisme trouve sur les réseaux sociaux un espace alternatif et porte dans le même temps un regard critique sur les grands médias traditionnels. Les institutions comme les marques ont un rôle à jouer en faveur des revendications féministes. Les campagnes autour des grandes causes, comme l’égalité professionnelle ou la charge mentale, peuvent être soutenues conjointement par les influenceurs féministes, par les institutions et par les entreprises.

L’influence n’est pas seulement commerciale ; elle doit aussi être sociale, pour sensibiliser les audiences à des sujets de société comme le développement durable, le cyberharcèlement; mais aussi les problématiques d’égalité entre les sexes.

Les influenceurs sont des sources d’inspiration et d’information, et particulièrement pour la tranche d’âge des 18-35 ans. Leur capacité à inspirer et leur rôle dans la perception globale de la société ne sont plus à démontrer.

Intégrer les influenceurs féministes dans les stratégies de marketing d’influence offre de nombreuses opportunités :

  • Les influenceurs ont un public déjà réceptif à leurs idées et à leurs recommandations. Leurs communautés leur font confiance.
  • Les liens qu’ils nouent avec leurs communautés sont favorables pour les institutions et pour les marques pour transmettre les valeurs et les engagements de ces dernières.
  • L’engagement des entreprises est un pari gagnant pour améliorer l’image de marque : les consommateurs soutiennent et consomment les marques qui portent en elles les mêmes valeurs qu’eux.

Exemple avec Dove et CoucouLesGirls :

 
 
 
 
 
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Dans ses communications, Dove prône l’acceptation de soi au cœur de la vague du body positivisme. La marque, au travers de ses partenariats avec les influenceurs, appelle les femmes à s’accepter comme elles sont en mettant en avant de nouvelles silhouettes. La marque est engagée dans ce discours depuis 2013. Ce sont des valeurs dans lesquelles l’influenceuse CoucouLesGirls se retrouve totalement : ainsi leur partenariat fait sens et fonctionne parfaitement, en témoigne les 75 000 likes de la publication.

 
 
 
 
 
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L’influence Elenasansh partage un code promo pour la marque de sous-vêtement Mina Storm qui conçoit des collections de lingerie responsable, confortable et pensée pour toutes les morphologies. La marque ne retouche aucune de ses photographies.

Les partenariats entre marque et influenceurs féministes ne sont pas uniquement tournés autour du concept du body positivisme mais concernent des secteurs très variés. Le magazine féministe Madmoizelle publie régulièrement des concours en partenariat avec des marques sur son compte Instagram, comme le soulignent ces exemples avec la marque de soin Patyka Paris et avec les marques Canon et Pampa à l’occasion de la fête des mères :

 

Maîtriser sa communication engagée sur Instagram

Toute forme de communication engagée sur Instagram (écologie, féminisme, …) possède de nombreuses qualités et retombées positives. Mais il faut rester prudent. En effet, l’audience de l’influenceur s’attend à un comportement et un engagement de marque qui soient totalement en adéquation avec les valeurs soutenues. Il ne faut pas tomber dans le piège du “washing’ que ce soit du green washing, feminism washing… Lorsqu’une marque feigne ses engagements, elle apparaît comme une opportuniste qui communique sur un sujet fort uniquement pour véhiculer une bonne image et pour ses propres intérêts économiques.

En dépit du risque de “bad buzz”, coopérer avec des influenceurs engagés, pour la lutte féministe notamment, est au contraire une belle opportunité pour véhiculer des valeurs fortes (acceptation de soi, richesse de la diversité, égalité des chances entre hommes et femmes etc…). Pour que ces collaborations aient le plus de chance de fonctionner, il faut informer et apporter les preuves des engagements de la marque sur les réseaux sociaux : au travers des posts, des campagnes, mais aussi des échanges en commentaires ou par messages privés.

Les créateurs de contenu font un plein usage des dispositifs offerts par les réseaux sociaux pour donner de la portée à leurs revendications : publication, partage de contenus, création d’une communauté. Ils font aussi se lever des voix de femmes et d’hommes non militants mais sensibilisés et engagées dans la défense de la cause des femmes.

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